Installation, sculptures, mise en scène et texte : Jane Ivoire
Images et son : Loïc Marchand et Adeline Gouyette
Montage : Jane Ivoire © Jane Ivoire 2022
Pierre après pierre, je construis ma vie.
Sous les vestiges éternels de l’humanité, elles m’appellent, elles me hantent. Je n’ai d’autre choix que les entendre me dire la violence, la haine, les guerres. L’écho du chaos m’envahit, s’engouffre petit à petit.
Il résonne.
Mon âme devient un outil qui sonne sur ces fracas. Lentement, je vais y chercher les bonheurs, Les rêves ensevelis sous cet amas d’inhumanité.
Je cherche la vie dans des débris informes. Je donne naissance à d’autres traces. Mes empreintes se mèlent à celles des temps qui passent, Inexorablement, au risque de se perdre elles aussi.
Peu à peu, elles se transforment, s’évanouissent. Dans un éternel recommencement, Elles forment encore et encore un tas de pierres.
Les ruines du temps. Et je deviens un fantôme qui traverse les murailles, avec ma vie,
Et puis…
Plus rien.
Scénario, texte et montage : Jane Ivoire
Images : Loïc Marchand
Assistante : Patricia Lefebvre
Je disais non aux pouvoirs, Aux frontières, à la haine.
Je criais non au sang, aux coups. Non au totalitarisme, aux drapeaux, au honneurs.
Non à l’argent à tout prix.
Je rejetais cela évidemment, naturellement, sans effort.
Aujourd’hui, je dis mes espoirs déçus.
Mes illusions des politicos-socialos-pédagos-écolos et autres insoumis. J’abandonne mes rêves perdus dans les religions, le progrès, les médias, le travail, la famille, les intimes, ces tribus qui dictent leurs règles du bonheur.
Je condamne leurs pièges et leurs moralités.
Je les enterre.
Je déchire le voile de la bienséance, de l’habitude, des certitudes.
Je me risque à être impie, infidèle à ces bonheurs.
Je prends, je jette, je vide jusqu’au néant.
Je veux oser l’ambition de l’aube.
Au fil des siècles, la création artistique n’a cessé de questionner les mouvements humains, d’en être à la fois le découvreur et la mémoire. Représentation du réel ou abstraction, naturalisme ou symbolisme,transcription de notre monde ou production imaginaire, l’art est paradoxes et nous confronte à nos multiples perceptions de la vie.
La célèbre “Colonne sans Fin“ de Constantin Brancusi, par la répétition de rhomboïdes qui s’étirent à l’infini, relie sol et ciel, terrestre et spirituel, et transcende toute idée de mortalité. Malgré les ruptures provoquées par la forme même des éléments tronqués, la reproduction de ces figures provoque une sensation de continuité illimitée.
En mathématique, la découverte du phénomène topologique de Moebius a révélé l’existence possible d’une surface à un seul côté. Avec son ruban, les fractures disparaissent. Le passage à mi-chemin de “l’intérieur” à “l’extérieur” se fait sans cassure mais avec un effet de rupture lié au passage progressif mais réel “de l’autre côté”.
Réversibilité de l’homme dans son évolution de l’état de nature à celui de civilisation, conscient et inconscient, translation plutôt que métamorphose, éternel recommencement, immortalité, éternité, telles sont les multiples interrogations auxquelles nous renvoient chacun à leur manière Brancusi et Moebius.
Mes dernières recherches dans l’expression de ces questionnements m’ont amenée à réunir ces notions d’infini et de dualité par le travail du bois et du bronze : partant de formes simples – cadre de bois, cercle de bronze – la répétition de l’un et la torsion de l’autre m’ont permis de modifier inexorablement la perception de ces représentations. Bois ou bronze, les volumes créés jouent avec le paradoxe du plein et du vide. Ils nous obligent à porter le regard vers l’infini, du plus grand au plus petit, de l’ici-bas à l’au-delà. Ils nous confrontent à nos dualités entre intimité et exhibitionnisme et sans en avoir l’air, nous entrainent d’un état à un autre et nous font passer de figures féminines à des éléments absents de toute représentation humaine.
révèle qu’à l’évidence, toute artiste qu’elle est, Jane Ivoire ne fait que traduire sa perception de créations pré-existantes depuis la nuit des temps.
sculptures et modelages in situ – 16e Sentier sculpturel, Mayronnes (11)
Plongée au cœur de la matière, dialogue direct avec le paysage, créatures insolites, naïves ou rieuses.
Renouer avec la nature. Ecrire la beauté, la simplicité de la vie quand on l’écoute aux sources de la Terre.